Titre : Justice : Ousmane Diagne défend la rigueur et la lenteur assumée des procédures judiciaires
Titre : Justice : Ousmane Diagne défend la rigueur et la lenteur assumée des procédures judiciaires
Face aux préoccupations soulevées par plusieurs députés de la 15e législature sur les lenteurs dans le traitement des dossiers judiciaires, le ministre de la Justice, Ousmane Diagne, s’est livré ce mercredi à un plaidoyer sans détour en faveur d’une justice rigoureuse et méthodique, loin de toute précipitation.
Interpellé à l’Assemblée nationale, le garde des Sceaux a affirmé sans ambiguïté : « La justice ne se précipite pas si nous voulons tirer tout au clair. » Pour lui, l’essentiel n’est pas d’aller vite, mais de garantir une justice bien rendue, respectueuse des procédures. « La justice ne doit pas se faire dans la précipitation. L’objectif doit être de permettre sa bonne marche », a-t-il insisté, calmant ainsi les impatiences exprimées dans l’hémicycle.
Un changement de cap assumé
Dans sa déclaration, Ousmane Diagne a souligné que la réforme judiciaire en cours visait justement à sortir des pratiques expéditives et opaques du passé. À cet effet, il a rappelé deux organes essentiels : la Haute Cour de justice, déjà installée en décembre dernier, et le Pool financier judiciaire (PFJ), en phase de mise en place.
Selon le ministre, ces structures sont au cœur d’un dispositif censé apporter davantage de clarté, d’indépendance et de rigueur dans le traitement des dossiers, notamment ceux liés aux crimes économiques et financiers. « Le PFJ doit gérer la plupart des dossiers, lesquels nécessitent un examen minutieux », a-t-il précisé.
Un hommage aux magistrats
Loin de céder à la pression politique ou médiatique, le ministre de la Justice a tenu à rendre hommage aux magistrats sénégalais, saluant leur professionnalisme et leur sens du devoir. « Ils accomplissent un travail remarquable », a-t-il souligné, réaffirmant son engagement à ne jamais interférer dans leur mission.
« Qu’on ne compte pas sur moi pour exercer une pression sur les magistrats. C’est de leur ressort. Je suis extrêmement satisfait de la manière dont la justice est rendue et dont les magistrats instruisent les dossiers », a-t-il martelé avec fermeté.
Entre indépendance et exigence
Par ce discours, Ousmane Diagne entend réaffirmer une vision de la justice où le respect des procédures et l’indépendance du pouvoir judiciaire priment sur les injonctions immédiates ou les logiques politiciennes. Une posture qui, si elle rassure certains observateurs, suscite toutefois des attentes fortes de résultats concrets dans un contexte où de nombreux citoyens continuent de réclamer une justice plus accessible, plus rapide et plus équitable.
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