Tensions entre Barthélémy Dias et la Police nationale : Blocage ou simple sécurisation ?

Tensions entre Barthélémy Dias et la Police nationale : Blocage ou simple sécurisation ?
Une vive polémique oppose la mairie de Dakar, dirigée par Barthélémy Dias, à la Police nationale, suite à des accusations de blocage des activités municipales. Par des communiqués contradictoires, les deux institutions s’accusent mutuellement, mettant en lumière une situation tendue au cœur de la capitale.
Dans un communiqué rendu public ce vendredi 13 décembre 2024, la Division Communication et relations publiques de la Police nationale a réfuté les accusations portées contre elle, affirmant qu’aucun blocage n’avait été imposé ni au maire Barthélémy Dias, ni aux conseillers municipaux. Selon ce communiqué, « le déploiement du dispositif de la police sur certains endroits de la ville rentre dans le cadre normal de l’exécution de sa mission de sécurisation ». La police a insisté sur le fait qu’elle n’avait jamais procédé à une quelconque entrave aux activités de la mairie de Dakar.
Cependant, la mairie de Dakar, dans une réponse cinglante, a démenti ces affirmations, qualifiant les propos de la police de « fausses déclarations ». Dans son communiqué, la ville de Dakar a affirmé que les accès à l’hôtel de ville avaient bel et bien été bloqués par les forces de l’ordre. « Un fait incontestable, comme en attestent les images et vidéos largement diffusées sur les réseaux sociaux », précise la mairie, ajoutant qu’un huissier de justice avait constaté la fermeture des accès et dressé un procès-verbal à cet effet.
La situation s’est aggravée lorsque, selon la mairie, un dispositif policier a été mis en place pour empêcher Barthélémy Dias de visiter les chantiers de la ville. Cette entrave a été qualifiée d’« inacceptable » par le bureau municipal, qui y voit une violation des droits et des prérogatives du maire et des conseillers municipaux. Ces incidents auraient culminé lors d’un point de presse tenu par Barthélémy Dias, au cours duquel des forces de l’ordre auraient fait usage de la force, entraînant des dégâts matériels à l’hôtel de ville.
Dans son communiqué, la mairie de Dakar rapporte également que des adjoints au maire se sont rendus à la préfecture pour obtenir des explications. Le Préfet par intérim aurait reconnu avoir donné des instructions à la police, tout en précisant qu’il allait consulter sa hiérarchie.
Le bureau municipal demande à la Police nationale d’adopter une « démarche responsable et républicaine », tout en exigeant le respect des droits des autorités municipales. De son côté, la police n’a pas encore répondu aux nouvelles accusations formulées par la mairie, notamment celles concernant les vidéos et constats d’huissier.
Cette situation tendue illustre une fracture entre les autorités municipales et certains services de l’État, avec en toile de fond une guerre d’interprétation sur les prérogatives respectives et les limites de leurs actions. Les citoyens, quant à eux, attendent des éclaircissements et appellent au respect de la légalité pour éviter que ce bras de fer institutionnel ne dégénère davantage.
La redaction