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Lettre ouverte à Monsieur Ousmane Diagne, Ministre de la Justice : Le peuple attend des actes, pas des discours

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Lettre ouverte à Monsieur Ousmane Diagne, Ministre de la Justice : Le peuple attend des actes, pas des discours
Monsieur le Ministre, vous permettez !

À l’Assemblée nationale, vous avez défendu l’idée que la justice doit prendre son temps, qu’elle ne saurait être soumise à la pression politique ou populaire. Vous avez affirmé qu’en tant que ministre, vous ne mettriez jamais la pression sur les magistrats, et que personne ne pourrait en exercer sur vous.

Mais permettez qu’on vous le dise clairement : vous n’êtes plus magistrat, vous êtes ministre. En acceptant ce poste, vous avez quitté la neutralité de la robe pour endosser une responsabilité politique. Désormais, vous appliquez une politique décidée par le Président de la République, mise en œuvre par le Premier ministre, et attendue par le peuple. Vous ne pouvez pas invoquer une indépendance que vous avez volontairement abandonnée.

La justice est rendue au nom du peuple. Ce peuple qui, depuis des années, subit les conséquences de la corruption, du détournement de biens publics et de l’impunité. Ce peuple qui voit s’empiler des rapports accablants – OFNAC, Cour des comptes, IGE, gestion des fonds COVID – sans suite judiciaire. Ce peuple qui observe, impuissant, des anciens dignitaires soupçonnés de graves malversations quitter le pays sans être inquiétés, pendant qu’on s’empresse d’engager des poursuites pour des propos jugés diffamatoires ou des publications sur les réseaux sociaux.

On ne vous demande pas une justice expéditive, mais une justice active, rigoureuse, et crédible. Une justice qui agit. Qui fait respecter la loi avec équité et célérité. À quoi bon promettre la reddition des comptes si aucune décision concrète ne suit ? À quoi bon parler de rupture si c’est pour laisser les fautes du passé se dissoudre dans l’oubli ?

Vous avez déclaré, avec fermeté, que personne ne vous mettrait la pression. Vous vous trompez lourdement. C’est précisément le rôle du peuple, de ses représentants et de vos supérieurs hiérarchiques de vous mettre la pression. Car en tant que ministre, vous êtes un serviteur de l’État, pas un arbitre, encore moins un juge.

Il est temps aussi d’en finir avec cette formule répétée à l’envi : « Le temps de la justice n’est pas celui de la politique. » Elle ne veut plus rien dire. Il n’y a qu’un seul temps : celui de la vérité, de la justice et de l’attente du peuple. Le défi n’est pas d’aller vite, mais de savoir conjuguer rapidité et rigueur. C’est cela, l’efficacité. Ce que vous appelez lenteur nécessaire est aujourd’hui perçu comme de l’immobilisme maquillé par un discours juridique.

Aujourd’hui, Monsieur le Ministre, le peuple ne vous demande plus des principes, mais des résultats concrets. Et le temps de la confiance, lui aussi, a une date d’expiration.

PMD
– Opinions Libres
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