Les leçons oubliées des nominations : Aoua Bocar Ly Tall, Samba Ndiaye et le paradoxe du leadership

Les leçons oubliées des nominations : Aoua Bocar Ly Tall, Samba Ndiaye et le paradoxe du leadership
Les nominations au sommet de l’État ne cessent de susciter des polémiques, et la récente désignation de Dr Aoua Bocar Ly Tall parmi les membres du CNRA en est une nouvelle illustration. Cette controverse rappelle étrangement celle qui avait éclaté à l’époque de la nomination de Samba Ndiaye, avant les élections législatives. Ce qui frappe, ce n’est pas seulement la constance des réactions critiques, mais surtout le paradoxe des acteurs qui en sont à l’origine.
À l’époque de Samba Ndiaye, certains leaders avaient eux-mêmes alimenté les débats, publiquement remis en question la décision présidentielle, et créé un précédent dangereux. Aujourd’hui, ce sont ces mêmes personnes qui montent au créneau pour demander aux militants de calmer leurs ardeurs face à la nomination de Dr Aoua Bocar Ly Tall. Une posture qui prête à confusion : comment peut-on exiger la discipline de la base lorsque l’on a soi-même, par le passé, contribué à fragiliser l’autorité du chef de l’État ?
La crise actuelle n’est pas qu’une simple affaire de militants, mais bien une conséquence directe des comportements observés au sommet. Lorsque des directeurs généraux ou même des figures de proue comme le Premier ministre prennent la liberté de commenter ou de critiquer les décisions présidentielles, ils envoient un message contradictoire. La base militante, à son tour, ne fait que reproduire ces attitudes en défiant ouvertement les choix du président.
Il est temps de tirer les leçons des erreurs passées. Gouverner, c’est diriger avec clarté et cohérence. Ceux qui occupent des positions de pouvoir doivent comprendre que leurs paroles et leurs actes façonnent les comportements des militants. Plutôt que de passer du temps sur les réseaux sociaux à alimenter les controverses, ils devraient se consacrer pleinement aux responsabilités qui leur incombent.
Pendant ce temps, la jeunesse sénégalaise continue d’attendre des solutions concrètes face à une vie de plus en plus chère et des opportunités économiques limitées. La patience des citoyens n’est pas infinie, et les promesses de réforme doivent se matérialiser rapidement.
Le temps des polémiques inutiles doit cesser. L’exemplarité commence par le sommet. Les militants, eux, ne sont pas les premiers responsables de ces tensions : ils suivent simplement l’exemple de ceux qu’ils considèrent comme leurs leaders. À ces derniers de changer de posture, d’adopter une ligne claire et de remettre le travail au centre de leurs priorités. L’histoire retiendra non pas les querelles, mais les résultats.
kalamula pour Opinions libres