Justice et vérité : des impératifs démocratiques au service du peuple Par PMD

Justice et vérité : des impératifs démocratiques au service du peuple
Lors d’un point de presse récent, Madame Aïssata Tall Sall a souligné que l’abrogation d’une loi d’amnistie est un processus complexe, invoquant des principes juridiques tels que l’intangibilité des droits acquis et la non-rétroactivité des lois. Elle a également affirmé que ce débat ne pouvait être tranché par une simple volonté populaire.
Toutefois, il est essentiel de rappeler un principe fondamental et universel, au cœur de toute démocratie véritable : la souveraineté appartient au peuple. Les lois ne sont pas immuables. Elles sont conçues pour servir le peuple, protéger ses droits, et répondre à ses aspirations. Lorsqu’un peuple réclame justice et vérité, il incombe aux institutions démocratiques d’adapter les lois à cette exigence légitime.
Des exemples internationaux qui font jurisprudence
L’argument selon lequel une loi d’amnistie serait intouchable a été contredit par de nombreux précédents à travers le monde. Voici quelques exemples significatifs où ces lois ont été abrogées pour répondre aux impératifs de justice :
•Argentine : Les lois protégeant les auteurs de crimes de la dictature militaire (1976-1983) ont été déclarées inconstitutionnelles en 2005, permettant de juger les responsables des atrocités.
•Pérou : Après le régime autoritaire d’Alberto Fujimori, les lois d’amnistie couvrant des massacres ont été abrogées, ouvrant la voie à des procès pour crimes contre l’humanité.
•El Salvador : La loi d’amnistie adoptée après la guerre civile (1980-1992) a été annulée par la Cour suprême en 2016, permettant enfin de situer les responsabilités pour les massacres de cette période.
Ces exemples démontrent qu’il est possible, même nécessaire, de revenir sur des lois d’amnistie lorsque la justice et la vérité sont en jeu. Une démocratie véritable ne peut prospérer en maintenant l’impunité.
Le cas sénégalais : un peuple en quête de justice
Au Sénégal, la récente loi d’amnistie, plutôt que de pacifier, soulève de nombreuses interrogations. Le peuple exige la vérité sur les événements qui ont marqué la période récente. Cette demande ne peut être ignorée, car elle repose sur un principe démocratique central : les lois doivent servir les citoyens et non protéger des privilèges injustifiables.
Ceux qui défendent ces lois doivent répondre à une question simple mais fondamentale :
“Si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi craindre leur abrogation ?”
L’agitation de certains pour empêcher toute remise en cause de cette loi montre bien qu’elle a été conçue non pas pour l’intérêt général, mais pour couvrir des fautes graves.
Justice et vérité : des piliers de la démocratie
Le peuple sénégalais ne se laissera pas détourner de son droit à la vérité. Les lois d’amnistie, aussi protectrices soient-elles pour certains, ne peuvent bloquer la quête de justice.
L’histoire a montré que la vérité finit toujours par triompher. Il appartient donc aux institutions de garantir que les responsabilités soient établies et que la justice prévale. Les majorités parlementaires, utilisées pour voter des lois injustes, ne peuvent rien contre la volonté populaire.
La démocratie sénégalaise doit s’élever au-dessus des intérêts personnels. Et lorsque le peuple parle, la loi doit s’incliner.