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BALLOTES ENTRE COUPS D’ETAT CONSTITUTIONNEL ET COUPS D’ETAT MILITAIRES Quelle issue pour les peuples Africains ?

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BALLOTES ENTRE COUPS D’ETAT CONSTITUTIONNEL ET COUPS D’ETAT MILITAIRES

Quelle issue pour les peuples Africains ?

Les peuples africains sont mal barrés, ballottés qu’ils sont entre coups d’État constitutionnel et coup d’État militaire. Des putschs, qui le plus souvent traduisent la faillite des pouvoirs civils, qui, à force de contourner l’État de droit, de fouler au pied les principes élémentaires de la démocratie et tout ce qui est citoyenneté pour pérenniser leur règne finissent par faire lelit des coups d’État militaires dont le dernier en date est survenu au Niger. Un coup de force qui devrait pousser les chefs d’Etat Africains à faire leur introspection,en gérant dans la transparence, en évitant les coups d’Etat « électoraux » et la mal gouvernance pour éviter l’intrusion des militaires dans le champ politique.

Par El Hassane SALL

Les peuples africains écartelés entre coups d’État militaires et coups d’État constitutionnel sont aujourd’hui dans une position inconfortable et ne savent plus à quel régime se fier. Parce que les coups de forces opérés par les militaires ne sont que la traduction de la faillite des pouvoirs civils, qui, au lieu de travailler au bienêtre de leurs populations cherchent plutôt à pérenniser leur règne par tous les moyens. Pour rappel avant le coup d’Etat militaire survenu au Niger qui a renversé le président Bazoum, il y a eu un coup d’Etat constitutionnel qui avait écarté le principal opposant du président sortant.  Arrivé deuxième de la présidentielle de 2016 derrière le président Mahamadou Issoufou, Hama Amadou, 70 ans, deux fois Premier ministre, avait été condamné en 2017 à un an de prison dans une affaire de trafic de bébés, qu’il a toujours qualifié de cabale politique.

Toujours est-il que sa candidature a été invalidée à la veille du scrutin du 27 décembre 2020 par la Cour Constitutionnelle en ces termes : « La Cour déclare inéligible à l’élection présidentielle Hama Amadou du Moden » (Mouvement démocratique nigérien, son parti), avait  annoncé le président de la Cour, Bouba Mahamane, sans donner de raison, lors d’une audience au siège de l’institution à Niamey. Aujourd’hui, ce qu’il convient de relever, c’est le manque d’imagination de ces chefs d’État qui pratiquement utilisent tous les mêmes recettes pour se maintenir au pouvoir : tripatouillage de la Constitution, trucage des élections avec à la clé l’élimination d’adversaires gênants, soit en instrumentalisant la justice, soit par des moyens détournés comme le parrainage etc.

Pour bétonner leur pouvoir, ils ont tendance à conforter une partie des têtes couronnées de l’armée, de la police et même de la justice dans une position de privilégiés avec la distribution de prébendes et d’avantages divers pour réprimer les opinions contestataires et à « criminaliser » leurs auteurs. Ayant mis leur peuple sous coupe réglée, il ne leur reste dès lors qu’à dérouler, faisant du déni de justice et du déni d’équité leur mode de gouvernance. C’est d’ailleurs ce qui explique le fait que dans beaucoup de pays africains les peuples ne croient plus aux institutions étant donné que ceux qui sont chargés de les faire respecter sont les premiers à les bafouer. C’est pourquoi aujourd’hui, les peuples sont de moins en moins choqués par les coups d’État militaire. Et dans certains pays on voit même les populations leur manifester leur sympathie comme ce fut le cas au Mali hier ou aujourd’hui au Niger, alors que dans le temps cela était impensable. C’est qu’en fait, ces populations finissent par être dans la position d’un noyé qui est prêt à s’agripper à tout ce qu’on lui tend, même sur le tranchant d’une machette ou la pointe d’une …baïonnette. C’est pourquoi quand on voit les syndicats de chefs d’État s’indigner, s’agiter et lancer des cris d’orfraie après le renversement d’un des leurs par des militaires, pour appeler au retour de l’ordre constitutionnel et tutti quanti, on ne peut s’empêcher de leur demander où étaient-ils quand leurs collègues tripatouillaient la constitution pour opérer un coup d’État constitutionnel qui le plus souvent finit dans un bain de sang. Car on ne les voit jamais prendre les devants quand des dirigeantsassoiffés de pouvoir trucident leur peuple, violent les droits humains, volent les ressources publiques etc. Pour ajouter une petite couche, la position des partenaires comme la France, qui, avec leur politique du deux poids deux mesures, selon leurs intérêts n’est pas pour arranger les choses. D’ailleurs c’est cette même France qui est en train de tout faire pour faire revenir Bazoum le président déchu du Niger afin de pouvoir continuer à avoir la main mise sur l’uranium qui lui permet d’avoir de l’électricité au moment où le Niger croupit dans une misère abyssale, au moment où 70% des populations n’ont pas d’électricité. Ce qui fait le plus mal est qu’aujourd’hui ce sont des chefs d’Etat Africains qui veulent envoyer des troupes au Niger pour disent-ils rétablir l’ordre constitutionnel, ce qui n’est rien d’autre qu’un moyen de permettre à la France de continuer à piller les ressources de ce pays. D’ailleurs, dans une interview accordée à la presse après son départ de l’Elysée, Jacques Chirac a reconnu que les richesses de l’Afrique ont été pillées y compris par son pays durant 400 ans. Et il a demandé qu’on rende aux Africains ce qu’on leur a pris : « On oublie seulement une chose. C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation, depuis des siècles, de l’Afrique. Pas uniquement. Mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors, il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité. De bon sens, de justice, pour rendre aux Africains, je dirais, ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire, si on veut éviter les pires convulsions ou difficultés, avec les conséquences politiques que ça comporte dans un proche avenir. » Et aujourd’hui, face à la recrudescence des coups d’État militaires semble lui donner raison et il est plus que temps que les chefs d’État africains reviennent sur terre, qu’ils fassent leur introspection et soient plus à l’écoute de leurs peuples. Des peuples qui n’en peuvent plus de souffrir et de croupir dans la pauvreté alors qu’ils ont tout pour vivre décemment. Malheureusement ils ne jouissent pas de retombées des ressources naturelles dont leurs pays regorgent à cause de dirigeants qui ont tendance à faire la part belle aux partenaires étrangers au détriment de leurs populations. Des populations qui disposent de  richesses inestimables mais qui vivent dans un état de dénuement extrême. Aussi les élites politiques africaines doivent avant tout respecter la volonté de leurs peuples et défendre avec acharnement leurs intérêts, seules conditions opposables aux coups d’État. Et que les partenaires qui ont leurs intérêts à préserver se voient renvoyés en écho la même volonté des pouvoirs locaux de privilégier les leurs, étantentendu que « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts. »

SOURCE : TRIBUNE


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