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Tribune: Les fausses notes d’un changement attendu : La promesse d’un espoir ternie

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Les fausses notes d’un changement attendu : La promesse d’un espoir ternie

Le 24 mars dernier, les Sénégalais ont exprimé, par leur vote, une volonté claire de changement en élisant Bassirou Diomaye Diakhar Faye et le PASTEF. Ce choix incarnait une rupture avec un système accusé de privilégier l’élitisme, l’impunité et le détournement des ressources publiques. Plus qu’un simple rejet de l’ancien régime, ce vote portait l’espoir d’une gouvernance éthique, centrée sur les préoccupations du peuple.

Cependant, malgré un début prometteur, certaines décisions récentes ont commencé à susciter des interrogations, voire des inquiétudes, parmi les citoyens. Ces “fausses notes” mettent en péril la confiance du peuple et risquent de compromettre l’élan de changement tant attendu.

La patience des Sénégalais mise à l’épreuve

Face à une situation économique marquée par la hausse du coût de la vie, les Sénégalais continuent de faire preuve d’une patience remarquable. “Malgré que la vie soit chère, ils se montrent patients,” observe un analyste. Cette patience n’est pas due à l’indifférence, mais à l’espoir encore vivace que ce régime pourra transformer le pays.

Cependant, cette attente n’est pas infinie. “L’attente risque d’être écourtée si des avantages indus et des pratiques d’un autre temps persistent,” avertissent des observateurs. Par exemple, les privilèges exorbitants accordés à certains responsables publics continuent d’alimenter la frustration.

Des dépenses publiques difficilement justifiables

Dans un pays où les ressources sont limitées, certaines dépenses publiques semblent totalement déconnectées des réalités économiques. “Qu’est-ce qui explique qu’un député nommé président d’un groupe parlementaire bénéficie d’une indemnité supplémentaire à son salaire et d’un nouveau véhicule ?” s’interrogent les citoyens.

Ces privilèges, perçus comme injustifiés, s’ajoutent à des pratiques comme celles des directeurs généraux qui perçoivent des salaires atteignant cinq millions de FCFA, parfois pour des postes sans réelle activité. “Dans un pays pauvre comme le Sénégal, ces aberrations ne devraient plus être tolérées,” martèlent les critiques.

Le coût élevé des véhicules de fonction est également pointé du doigt. “Comment justifier l’achat de véhicules à 80 millions de FCFA alors que des secteurs essentiels, comme l’éducation et la santé, peinent à obtenir les financements nécessaires ?”

Ces dépenses extravagantes contrastent avec les efforts de nombreux Sénégalais qui, malgré les difficultés économiques, continuent de croire en un avenir meilleur.

La question de la loi d’amnistie : Une rupture ou une continuité ?

L’évocation de la loi d’amnistie adoptée sous Macky Sall est une autre source de mécontentement. Cette loi, initialement critiquée pour garantir l’impunité à certains responsables, avait été une cible prioritaire des promesses de campagne du PASTEF. Ousmane Sonko, en particulier, avait promis de l’abroger une fois au pouvoir.

Cependant, le régime actuel semble vouloir “rapporter” cette loi plutôt que de l’abroger définitivement. “Parler de rapporter cette loi, c’est aller à l’encontre des attentes des Sénégalais,” affirme un observateur. Cette décision est perçue comme un recul par rapport à l’engagement initial de rendre justice et d’instaurer la responsabilité.

Pour beaucoup, cette loi symbolise tout ce que les Sénégalais voulaient abolir : l’impunité, le favoritisme et l’érosion de la confiance dans les institutions publiques.

Des nominations controversées et un manque de rupture

Les Sénégalais espéraient également une véritable rupture dans les pratiques politiques. Pourtant, certaines nominations récentes ont suscité de vives critiques. Des individus ayant tenu des propos insultants envers Ousmane Sonko et les défenseurs de la démocratie ont été promus à des postes de responsabilité.

Certes, Bassirou Diomaye Diakhar Faye et Sonko peuvent pardonner à titre personnel, mais le pardon collectif est une autre affaire. “Les Sénégalais qui ont perdu des proches ou subi des répressions violentes ne peuvent pas pardonner au nom de ceux qui ne sont plus là,” rappellent des militants.

Ces nominations sont perçues comme une trahison des valeurs de justice et de mémoire que ce régime s’était engagé à défendre.

Un appel à la rationalisation des dépenses

Pour véritablement incarner le changement, le régime doit s’attaquer aux dépenses superflues et injustifiées. Les agences budgétaires inutiles, qui continuent de consommer des ressources sans résultats concrets, doivent être supprimées.

De même, la réduction des cortèges interminables des ministres, du Premier ministre et du Président est devenue un impératif symbolique. “Commencer par réduire ces dépenses ostentatoires montrerait que le gouvernement est sérieux dans sa volonté de rationaliser les finances publiques,” notent des économistes.

Les caisses noires, ces enveloppes budgétaires allouées sans contrôle, doivent également être abolies. “Ces fonds, qui échappent à toute transparence, n’ont plus leur place dans un pays qui aspire à une gouvernance moderne et responsable.”

La rupture comme clé de l’exemplarité

Les Sénégalais n’ont pas voté pour de simples ajustements, mais pour une rupture totale avec le système précédent. “La rupture passera par l’abrogation des avantages indus, la suppression des privilèges exorbitants et la rationalisation des dépenses de l’État,” affirment des sénégalais.

Si ces réformes sont mises en œuvre, le Sénégal pourra devenir un modèle de gouvernance en Afrique. “Le Sénégal sera cité comme exemple, un pays qui a su transformer une crise de confiance en une opportunité de renouvellement,” concluent les observateurs.

Un appel au ressaisissement

Le régime de Bassirou Diomaye Diakhar Faye a encore le temps de corriger le tir. Mais cela exige des actes concrets, à la hauteur des attentes populaires :

•Abroger définitivement la loi d’amnistie pour restaurer la confiance et la justice.

•Supprimer les agences et dépenses inutiles pour rationaliser les finances publiques.

•Réduire les privilèges et adopter une gouvernance plus sobre et transparente.

Les Sénégalais ont prouvé leur patience, mais cette patience n’est pas infinie. Ce régime, porteur d’un espoir immense, doit maintenant prouver qu’il est à la hauteur de la promesse de changement.

Rédaction : www.opinions-libres.com


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