Réseaux sociaux, prédateurs et silences complices : un fléau ignoré au Sénégal
Réseaux sociaux, prédateurs et silences complices : un fléau ignoré au Sénégal
Les réseaux sociaux, tout en étant un espace de partage et de divertissement, deviennent de plus en plus un terrain dangereux pour les adolescents. Ces derniers s’y “sexposent” de manière inquiétante, souvent avec la complicité ou l’inaction de leurs parents, qui oscillent entre spectateurs impuissants et acteurs permissifs. Dans ce climat d’indifférence, des prédateurs sexuels rôdent, exploitant la naïveté et l’exposition de ces jeunes.
Un fléau récurrent mais tabou
Au Sénégal, le viol est un crime récurrent, mais le sujet reste entouré d’un silence pesant. Les victimes peinent à se faire entendre dans une société où la stigmatisation est omniprésente, et où la justice semble souvent inaccessible. Les familles, par honte ou par peur de représailles, choisissent souvent de taire ces drames, perpétuant ainsi un cycle de silence et d’impunité. Les réseaux sociaux amplifient ces problématiques, devenant des outils où la vulnérabilité des jeunes est exploitée sans réelle régulation.
Une lutte dévoyée par la frime
Face à cette réalité, les féministes ont tenté d’attirer l’attention sur ce fléau, parfois par des initiatives chocs, comme une marche nue envisagée pour dénoncer les violences sexuelles. Cependant, au lieu de recentrer le débat sur les causes profondes, ces manifestations ont souvent été détournées par une mise en avant excessive de la forme plutôt que du fond.
La “frime de la lutte”, comme certains l’appellent, a fini par éclipser les causes qu’elle prétendait défendre. Les discussions se sont davantage focalisées sur la méthode – jugée provocante ou sensationnaliste – que sur le problème urgent des violences faites aux femmes et aux jeunes filles. Ce faisant, ces initiatives, bien qu’animées par des intentions nobles, ont parfois desservi la cause qu’elles voulaient promouvoir.
La responsabilité collective
Il est urgent que parents, éducateurs et autorités se mobilisent pour protéger les enfants et adolescents, notamment face aux dangers des réseaux sociaux. La sensibilisation doit commencer dans les foyers et s’étendre aux écoles, aux communautés et aux plateformes en ligne. La lutte contre le viol et les violences sexuelles exige également un engagement sérieux des institutions, des médias et des acteurs sociaux pour briser le silence et donner une voix aux victimes.
Quant aux mouvements féministes, il est crucial qu’ils réorientent leurs stratégies pour ne pas prêter le flanc à des critiques contre-productives. La priorité doit être de maintenir le focus sur les causes profondes des violences, en veillant à ce que les moyens d’action servent à unir plutôt qu’à diviser.
Repenser la lutte, briser le silence
Le Sénégal ne peut plus se permettre de rester passif face à ces tragédies répétées. L’inaction collective, qu’elle soit parentale, sociale ou institutionnelle, alimente un système où les victimes restent réduites au silence et les prédateurs impunis. Il est temps de repenser la lutte contre les violences sexuelles, d’encadrer l’utilisation des réseaux sociaux et de restaurer l’essence même des mouvements de défense des droits : la justice, la protection et la dignité pour tous.
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